Et si on dansait?


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Atelier 4 – samedi 27 février

Sensibilité d’un atelier
par Alexandre Larrègle

Aujourd’hui, je les ai vu se découvrir, des enfants qui prennent plaisir, qui ne se prennent pas au sérieux. En cet instant unique, on voyait dans les regards une innocence se déchaîner. Tels les premiers coups de pédale sur son premier vélo, le rire et la joie se propageaient, contagieux.

Cet atelier est une émulsion de découvertes. Les gens se rencontrent, échangent, s’interrogent. La discussion est le rituel d’entrée avant de commencer à se rouler en boule, ou s’étirer comme s’ils étaient sur le point de faire rompre leurs propres ligaments. Une fois chaque partie du corps échauffée, les premiers défis de la journée se mettent en place. Jambe, tête, bras, cœur, tête, cœur, jambe, bras, tête, jambe, tête, jambe, cœur, c’est ainsi qu’Emmanuel stimule leur mémoire et leur instinct. Chacun, à son rythme, doit associer un mouvement à une partie du corps, tout en restant à l’écoute de son corps. Telle la course d’un cheval, les jambes galopaient, les cheveux ondulaient, la poitrine vacillait, au trot puis au galop, c’était une course asynchrone qui m’était présentée. À bien y regarder, on pouvait voir des rires et des peurs apparaître, mais surtout de la détermination, de la passion et une certaine simplicité.

Si je vous dis haïkus? Vous savez, ces petits poèmes japonais, d’une beauté éclatante pour qui sait en apprécier la valeur. Imaginez un seul instant qu’un haïku vous soit susurré à l’oreille avant de vous être dansé. Un mouvement, deux mouvements, une caresse, un regard. L’émotion me submerge. Cette floraison d’une pureté sans égale en cet instant me fascine. Je suis enivré, enivré d’une telle beauté.

Si cette ode à la sensibilité du projet semble outrancière, détrompez-vous! C’est un réel constat de cette vitalité bouillonnante. À la fin de l’atelier, quelqu’un me dit « c’est régénérant, je ne peux pas m’en passer », cette régénération est au creux de la vitalité qui les habite. Comment un corps qui décline a-t-il la capacité de s’épanouir? D’où provient cette vitalité? Comment cette essence corporelle donne-t-elle des formes dignes d’un danseur professionnel? La capacité de vivre pleinement l’instant présent semble être la force des participants. « Seule l’expérience permet d’accéder à cet état », me dit une femme. L’expérience en tant qu’expérimentation est plus que de mise dans ce contexte où la confrontation à soi est réelle, ancrée dans le présent. Enrichies par ce fil tissé au long des années et par cette chance d’avoir vécu, ce sont des performances sensibles qui nous sont livrées au travers de chaque battement.

Ironiquement, les fondements de la vie ont été abordés lors de cet atelier, comme si une connexion intime liait les chorégraphes aux participants. Ensemble, ils ont pu effleurer ce qui fut, ce qui est et ce qui sera. En équilibre sur une pierre, Emmanuel lance « Je suis né en hiver ». C’est sur cette réplique, que chacun des participants va conclure avec un étirement-rituel pour préserver au mieux cette vitalité.

Cet atelier, comme chacun des ateliers, est une œuvre, une œuvre si pure et si riche, qui est peinte par les plus grands peintres, qu’on en oublie presque que nous sommes tous humains.

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Atelier 3 – samedi 20 février

À l’occasion de cette troisième rencontre, la parole a été donnée aux participants. Un temps précieux, qui nous avait manqué jusqu’alors, pour que chacun se présente, fasse part de ses motivations et donne ses impressions sur l’expérience vécue jusqu’alors. Même si la cohésion du groupe se ressentait, même si leur générosité semblait traduire leur appréciation, nous étions ravis de les entendre confirmer notre intuition. Cette discussion a mis en évidence qu’un tel projet permet de prendre conscience de son corps, « d’ouvrir un dialogue avec soi-même », de « descendre dans son corps et de sortir de sa tête ». Travailler dans un cadre où tous partagent un objectif commun, sans sentiment de compétition, semble être grandement apprécié. La reconnaissance de l’individualité de chacun et de son potentiel créatif leur permet de s’engager dans le processus sans retenue. C’est un espace où il est possible de jouer comme lorsqu’on est enfant; une occasion rare! C’est un espace où l’on peut mettre temporairement de côté sa raison et écouter son intuition.  « Le corps imprime et compense la faiblesse de la mémoire » témoigne l’une des participantes.

Cette semaine, les participants sont repartis chez eux avec un exercice pour le prochain atelier. Chacun a eu à tirer au sort un haïku (petit poème d’origine japonaise, extrêmement bref, visant à célébrer l’évanescence des choses) à partir duquel il devront créer une courte séquence dansée.

Merci à Kyra Revenko, la mère de Madeleine, venue assister à l’atelier, qui a pris ces belles photos.

HAÏKUS

Pour définir ce qu’est un haïku, voici quelques extraits récoltés par Sarah à travers ses lectures :  il faut, dans la lecture du haïku, lire « ce qui chante entre les lignes ». Ces « mots du quotidien nous disent au plus juste de quoi sont faits les instants dont nous sommes faits : menues choses sur lesquelles le regard distrait passe sans s’arrêter, et qui sont pourtant la trame indiscutable de la vie, la substance de toute mémoire« .

Voici ceux proposés aux participants pour l’exercice :

Microsoft Word - Haikus.docx


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Atelier 2 – samedi 13 février

Cette semaine, la rencontre a eu lieu dans le studio Jeanne-Renaud. Travailler dans ce studio est inspirant pour quiconque à la chance de pouvoir le faire. Cette grande boîte noire, munie d’un éclairage de scène général, permet à la fois de faire le vide de nos pensées quotidiennes et d’éveiller nos sens. Par le simple, mais extraordinaire fait d’investir cet espace, notre rapport à l’espace change, notre relation à soi, à notre intériorité et aux autres également. Dans ce lieu presque magique, mais surtout très grand, les participants ont révisé la séquence dansée apprise lors de l’atelier précédant de manière plus déployée, plus habitée. Emmanuel souhaite découvrir l’unicité de chaque participant à travers leur interprétation de cette phrase dansée.

Après avoir bougé dans l’entièreté du plateau, Emmanuel dispose deux rangées de chaises de chaque côté de l’espace de jeux. Au fur et à mesure que les participants répètent l’enchaînement, Emmanuel resserre l’espace en rapprochant de plus en plus ces rangées de chaises l’une de l’autre. Comment danser et conserver de l’amplitude dans un espace défini de la sorte? Comment utiliser le regard? Quelle relation se développe avec des personnes qui nous regardent de si près? Qu’est-ce qui est raconté ou offert? sont autant de questions que génère l’exploration de cette configuration peu conventionnelle de l’espace.


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Atelier 1 – samedi 6 février

Samedi matin, 21 participants se plongeaient dans l’aventure Et si on dansait? et débutaient ce premier atelier par un échauffement où différentes parties du corps traçaient les lettres du prénom Claude.

Par la suite, chaque participant a créé une danse inspirée des lettres de son propre prénom. Ils l’ont interprété à plusieurs reprises au son des Quatre saisons de Vivaldi. Cet exercice a permis d’aborder la notion de présence et de relation avec le moment présent.

Pour sensibiliser les participants au regard auquel on doit faire face lorsqu’on est sur scène, Emmanuel a demandé aux participants de traverser le studio sous le regard attentif du reste du groupe. Que se passe-t-il en soi lorsque l’on agit devant un public? Comment réagit-on? Pour certains c’est un sourire, d’autres accélèrent le pas. Chacun a sa propre aisance, et réagit à sa manière au stress et à l’excitation que procure le fait d’être au centre de l’attention. Dans les prochaines semaines,  l’un des défis sera de s’habituer au regard de l’autre tout en restant concentré sur ce qui se passe en soi.

Pour conclure la rencontre, Emmanuel et Sarah ont enseigné une courte phrase de mouvements qui témoigne de la confiance qu’ils ont envers le groupe. Cette courte séquence dansée pose un défi de coordination et d’utilisation de l’espace, avec un audacieux passage au sol nous faisant découvrir l’extraordinaire potentiel des participants. C’est inspirant!


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Première rencontre

La première rencontre s’est tenue samedi 30 janvier. Elle se voulait informative quant au déroulé des ateliers tout en donnant un aperçu aux participants de ce qui les attendait dans les prochaines semaines.

Après un accueil tout en portrait durant lequel participants et équipe ont pu se présenter, Emmanuel Jouthe et Sarah Dell’Ava ont animé un échauffement et quelques activités dansées inspirées des saisons et de la musique des Quatres Saisons de Vivaldi. Les participants ont improvisé en traversant l’espace et en suivant un tracé préalablement dessiné sur une feuille de papier. Ils ont plongé dans le travail de corps et de danse et ont commencé à découvrir leur propre langage gestuel.

Tout le monde était fébrile. Les artistes et les participants semblent avoir pris grand plaisir à découvrir de quoi allait être composé Et si on dansait? et toute l’équipe est ravie de rencontrer un groupe si inspirant.

La glace est brisée, la danse peut commencer!

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