Et si on dansait?


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Être en scène

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Répétition générale et présentation publique

La semaine du 25 avril fut particulièrement remplie, deux répétitions générales (mercredi et vendredi) suivies de la présentation publique le samedi. L’émotion était à son comble, entre excitation, hâte, stress et nostalgie des bons moments partagés qui s’achèvent.

La présentation fut un réel succès qui a enthousiasmé les 132 personnes venues assister à la représentation.

Merci à tous d’être venus si nombreux, merci aux participants pour leur implication dans le projet, merci à Emmanuel et Sarah pour leur généreuse contribution.


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Samedi 9 avril 2016

Il ne reste que quatre répétitions avant la présentation publique. La disposition de l’espace non conventionnel est déterminée. Ce choix d’espace dicte un rapport au public tout en proximité. Les intentions chorégraphiques semblent mieux comprises de tous. Les participants jouent le public et danse pour un public composé de leurs pairs. Chacun son tour, participants ou témoins se surprennent à être émus de ce qu’ils voient, de ce qu’ils découvrent et reçoivent. L’obligation de rencontrer et de toucher le public se transforme en désir et devient moteur du geste. Comment offrir sa danse? À qui l’offrir? Un extraordinaire bout de chemin s’est fait depuis le début du processus. Les tableaux se construisent morceau par morceau d’un atelier à l’autre et s’enchaîneront sous peu sous nos yeux.


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Atelier 3 – samedi 20 février

À l’occasion de cette troisième rencontre, la parole a été donnée aux participants. Un temps précieux, qui nous avait manqué jusqu’alors, pour que chacun se présente, fasse part de ses motivations et donne ses impressions sur l’expérience vécue jusqu’alors. Même si la cohésion du groupe se ressentait, même si leur générosité semblait traduire leur appréciation, nous étions ravis de les entendre confirmer notre intuition. Cette discussion a mis en évidence qu’un tel projet permet de prendre conscience de son corps, « d’ouvrir un dialogue avec soi-même », de « descendre dans son corps et de sortir de sa tête ». Travailler dans un cadre où tous partagent un objectif commun, sans sentiment de compétition, semble être grandement apprécié. La reconnaissance de l’individualité de chacun et de son potentiel créatif leur permet de s’engager dans le processus sans retenue. C’est un espace où il est possible de jouer comme lorsqu’on est enfant; une occasion rare! C’est un espace où l’on peut mettre temporairement de côté sa raison et écouter son intuition.  « Le corps imprime et compense la faiblesse de la mémoire » témoigne l’une des participantes.

Cette semaine, les participants sont repartis chez eux avec un exercice pour le prochain atelier. Chacun a eu à tirer au sort un haïku (petit poème d’origine japonaise, extrêmement bref, visant à célébrer l’évanescence des choses) à partir duquel il devront créer une courte séquence dansée.

Merci à Kyra Revenko, la mère de Madeleine, venue assister à l’atelier, qui a pris ces belles photos.

HAÏKUS

Pour définir ce qu’est un haïku, voici quelques extraits récoltés par Sarah à travers ses lectures :  il faut, dans la lecture du haïku, lire « ce qui chante entre les lignes ». Ces « mots du quotidien nous disent au plus juste de quoi sont faits les instants dont nous sommes faits : menues choses sur lesquelles le regard distrait passe sans s’arrêter, et qui sont pourtant la trame indiscutable de la vie, la substance de toute mémoire« .

Voici ceux proposés aux participants pour l’exercice :

Microsoft Word - Haikus.docx


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Et si on dansait? sur MAtv

L’émission de télévision Montréalité, diffusée sur la chaîne MAtv, dresse un portrait des initiatives sociales, économiques ou communautaires montréalaises. Dans l’émission du 23 février, la chroniqueuse Joakim Lemieux a consacré son sujet aux projets de médiation culturelle que Circuit-Est met sur pied depuis 5 ans pour initier différents publics à la danse contemporaine.

Découvrez ce reportage où il est notamment question du projet Et si on dansait?.

montrealité


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Questions aux artistes

Pourquoi vous être engagés dans le projet Et si on dansait ?

Emmanuel Jouthe : Je suis dans la quarantaine et je me suis rendu compte que j’étais plutôt étranger à ce que certains appellent « le bel âge » ou « l’âge d’or ». Cela m’a donné envie d’approfondir le contact et la relation avec des gens d’une plus longue expérience de vie que la mienne. J’en avais déjà rencontré avec le projet Écoute pour voir – dont Sarah a fait partie – et à l’occasion d’une expérience dans une maison de retraite. Ces personnes expriment une vitalité et une vulnérabilité qui me touchent et m’intriguent. Elles témoignent d’une réalité corporelle que j’ai envie de mieux connaître et dont je crois pouvoir apprendre. Je pense aussi que le fait de mettre en lien des êtres matures avec des adolescents – même si, dans les faits, il n’y en a que deux dans le groupe – peut être très riche pour tout le monde.

Sarah Dell’Ava : Ayant une pratique personnelle avec des groupes intergénérationnels, je suis à l’affut d’expériences comme celle-ci pour parvenir à mieux cerner ce que signifie être en mouvement à différents moments de la vie; voir avec quelles subtilités et quelles couleurs cette force de vie s’exprime selon les âges et les individus. D’une certaine façon, Et si on dansait? devient pour moi un territoire où je peux essayer d’interroger, de comprendre la présence au geste, car mon travail porte beaucoup sur la présence à soi et au mouvement.

Photo atelier 1 - Et si on dansait - Xavier Curnillon

Comment la spécificité de ce public conditionne-t-elle votre approche ?

Sarah : La présence à soi et au geste des membres du groupe m’émeut énormément justement. C’est comme si, autant dans notre approche que dans la leur, on ne pouvait pas faire autrement qu’aller à l’essentiel. Personne n’est là pour faire des preuves. On n’est pas dans une projection extérieure, mais dans une qualité d’être à ce qu’on fait. C’est ce que je ressens. Il y a aussi un paradoxe parce qu’on a relativement peu de temps pour mener à bien le projet et qu’en même temps, il exige de la douceur et de la progressivité : on est obligé de prendre le temps de bien expliquer les choses, de bien préparer le corps, de répéter les explorations… C’est un mélange fascinant d’efficacité et de lenteur.

Emmanuel : Notre approche est très différente du travail avec des danseurs professionnels. Dans ce cas précis, on est face à des corps qui sont tout simplement expressifs. Ce qui importe avant tout, c’est le contact, le dialogue, de répondre aux questions, de gérer les craintes, les appréhensions, les problèmes de mémoire… Cela nous amène à questionner systématiquement notre vision du corps et de la danse. Au même titre que les astrophysiciens, après être allés chercher loin dans l’espace, en arrivent à la conclusion qu’ils peuvent obtenir des réponses similaires en étudiant le micro, il est possible d’approfondir la danse en travaillant avec des sujets qui n’ont peut-être pas la capacité physique de donner des formes « spectaculaires », mais qui possèdent une essence corporelle et expressive incroyable. Il n’est plus juste question de mouvement, de mise en situation et de forme, mais de corps chargés. Il y a dans chacun d’eux quelque chose d’unique, une trajectoire de vie profondément inscrite. On sent vraiment les personnalités. Elles s’expriment dans toutes les attitudes et tous les mouvements. Rendre compte de cette réalité dans un langage artistique scénique est un beau défi.

Sarah Dell'Ava - Et si on dansait? © Xavier Curnillon

Quels éléments de l’œuvre CINQ HUMEURS pensez-vous transposer dans ce projet de médiation artistique ?

Sarah : J’ai vu le spectacle et je me souviens très clairement m’être dit que la pièce ne mettait pas en scène une virtuosité, mais qu’elle travaillait avec la charge de chaque être sur scène plutôt que de parler de danse. Je trouve donc assez facile de faire le pont, même si les consignes chorégraphiques sont différentes. Je n’ai pas l’impression que nous avons à faire un saut immense pour nous inscrire dans la continuité de cette œuvre.

Emmanuel : C’est intéressant d’entendre ce commentaire parce que même si je n’étais pas dans la virtuosité, je poussais l’interprète à ses limites en demandant de lutter pour l’équilibre, par exemple, ou en proposant des mouvements qui impliquaient une certaine force. Physiquement, c’était très exigeant. Le dépassement dont j’ai envie avec les participants de Et si on dansait? porte plus sur la proprioception, l’estime de soi et le plaisir dans le langage corporel. La différence fondamentale est que j’ai abordé CINQ HUMEURS comme une simple réponse à la musique des Quatre Saisons de Vivaldi alors que là, je travaille concrètement la thématique des saisons.

02.Jour3copie

Avez-vous des attentes pour la présentation en fin de processus ?

Emmanuel : Je me sens en migration avec ces personnes vers une terre inconnue. On la voit, on ne sait pas à quoi elle ressemble, on nous fait confiance pour mener le bateau à bon port. Alors on se donne évidemment des paramètres au niveau scénique, mais cette expérience est plus que la création d’un « spectacle », c’est une aventure collective. On est vraiment dans l’art vivant. Je m’attends à composer avec de nouvelles réalités d’une semaine à l’autre. Chaque rencontre est importante.

Sarah : Je réalise à quel point le processus de création en est un de rencontre avec soi, de transformation et que notre ancrage principal est d’accompagner les participants dans cette aventure. Pour moi, c’est ça l’essentiel. La pièce à créer ne fait que nous propulser tous ensemble vers un même but, un désir commun.